Palestine-18

Solidarité avec le peuple palestinien

31 juillet, 2014

Donner pour les gazouis!

Classé dans : A - Informations générales — palestine18 @ 14:08

Voici un tract avec quelques informations si vous souhaitez faire un don!

tract palestine18-3

29 juillet, 2014

Une lettre d’Ilan Pappe : Pour la famille de l’une des 1000 victimes du massacre génocidaire d’Israël dans la bande de Gaza

Classé dans : A - Informations générales — palestine18 @ 13:56

Mardi, 29 Juillet 2014 11:39

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Dire la vérité, organiser le boycott total d’Israël, vaincre le sionisme, gagner l’égalité des droits en Palestine-Israël… Ce sera notre façon d’être digne des massacrés de Gaza et de la douleur de leurs proches

Cette lettre d’Ilan Pappe, historien israélien, est publiée en anglais sur le site de The Electonic Intifada
En français : (traduction rapide Roger Dubien)

Je ne sais pas encore qui était votre bien-aimé. il était peut-être un bébé de quelques mois, ou un jeune garçon, un grand-père ou un de vos enfants ou un de vos parents. J’ai entendu parler de la mort de votre bien-aimé par Chico Menashe, un commentateur politique sur Reshet Bet, la principale radio d’Israël.

Il a expliqué que le meurtre de votre bien-aimé, ainsi que la transformation des quartiers de Gaza en amas de ruines et l’expulsion de 150 000 personnes hors de leurs foyers, fait partie d’une stratégie israélienne bien calculée : ce carnage va passer aux Palestiniens de Gaza toute envie de résister aux politiques israéliennes.

Je l’ai entendu alors que j’étais en train de lire dans l’édition du 25 Juillet du soi-disant respectable Haaretz les mots de l’historien peu respectable Benny Morris disant que même cela ne suffit pas.

Il appelle les politiques génocidaires menées jusqu’ici « refisut » – une faiblesse d’intelligence et d’esprit. Il exige une destruction beaucoup plus massive dans l’avenir persuadé que c’est ainsi qu’il faut faire si l’on veut défendre sa “villa dans la jungle”, comme l’ancien premier ministre israélien Ehud Barak a appelé Israël.

Désert d’humanité

Oui, j’ai peur de devoir dire que les médias israéliens et les universités israéliennes soutiennent totalement le massacre, en dehors de quelques voix à peine audibles dans ce désert d’humanité. Je n’écris pas cela pour vous dire que j’ai honte – je me suis depuis longtemps dégagé de cette idéologie d’Etat et je fais personnellement tout ce que je peux pour l’affronter et la vaincre. Probablement, ça n’a pas été suffisant ; nous sommes tous paralysés par des moments de lâcheté, par l’égoïsme et peut-être par un penchant naturel à prendre soin de notre famille et de nos proches.

Et pourtant, j’ai envie aujourd’hui de vous faire une promesse, qu’aucun des Allemands que mon père connaissait à l’époque du régime nazi n’était prêt à lui faire quand les tueurs commirent un génocide contre sa famille. Cet engagement n’est pas grand chose dans ce moment si douloureux pour vous mais c’est le mieux que je puisse vous offrir et se taire n’est pas possible. Et ne rien faire est encore moins concevable.

Nous sommes en 2014 – la destruction de Gaza est bien documentée. Nous ne sommes pas en 1948, quand les Palestiniens ont dû batailler durement pour pouvoir dire leur histoire d’horreur ; tellement beaucoup des crimes sionistes commis alors furent cachés, et ne sont jamais revenus dans la lumière, même jusqu’à aujourd’hui. Donc, mon engagement premier et simple est d’enregistrer, d’informer et de clamer la vérité.

Mon ancienne université, l’Université d’Haïfa, a recruté ses étudiants pour diffuser les mensonges d’Israël partout dans le monde grâce à Internet, mais nous sommes en 2014 et ce genre de propagande ne tient pas debout.

Engagement à boycotter

Mais ceci n’est certainement pas suffisant.
Je m’engage à poursuivre l’effort pour boycotter un Etat qui commet de tels crimes. Ce n’est que lorsque l’Union des associations européennes de football jettera dehors Israël, que la communauté universitaire refusera d’avoir quelques liens institutionnels que ce soit avec Israël, que lorsque les compagnies aériennes hésiteront à y atterrir, et que chaque comportement éthique qui peut faire perdre de l’argent à court terme saura qu’à long terme il sera gagnant à la fois moralement et financièrement – alors seulement nous commenceront à être dignes de votre deuil.

Le mouvement “boycott, désinvestissement et sanctions” (BDS) a eu de nombreux résultats et poursuit son travail inlassable. Il se heurte encore aux accusations mensongères d’antisémitisme et au cynisme des politiciens. C’est ainsi qu’une initiative honorable des architectes britanniques pour forcer leurs collègues en Israël à prendre une position éthique plutôt que d’être complices de la colonisation criminelle de la terre a été bloquée au dernier moment.

Des initiatives similaires ont été sabotées ailleurs par des politiciens lâches en Europe et aux États-Unis. Mais je m’engage à participer à l’effort pour surmonter ces obstacles. La mémoire de votre bien-aimé sera la force qui m’animera, de même que la mémoire vive de la souffrance des Palestiniens en 1948 et depuis.

Abattoir

Je fais cela pour moi-même aussi. Je prie et j’espère que dans ce pire moment de votre vie, quand les Palestiniens de Shujaiya, Deir al-Balah ou de Gaza city se tiennent devant l’abattoir organisé par l’aviation israélienne, les chars et l’artillerie, vous ne perdiez pas espoir dans l’humanité.

Cette humanité inclut même les Israéliens, ceux qui n’ont pas le courage de parler, mais qui expriment leur horreur en privé, comme mes boîte e-mail et Facebook qui débordent en témoignent, ainsi que la petite poignée qui manifeste publiquement contre le génocide mis en oeuvre dans la bande de Gaza.

Cette humanité comprend aussi ceux qui ne sont pas encore nés, qui seront peut-être capables d’échapper à la machine d’endoctrinement sioniste, qui leur apprend, du berceau à la tombe, à déshumaniser les Palestiniens d’une façon telle que le fait de brûler vif un garçon palestinien de seize ans ne les fait même pas bouger, ni ne brise leur croyance en leur gouvernement, leur armée ou leur religion.

Quand le sionisme sera vaincu

Pour la leur, la mienne et la vôtre, je souhaite que nous puissions aussi rêver à la journée après – quand le sionisme sera vaincu, comme idéologie qui régit nos vies entre le Jourdain et la mer Méditerranée, et que nous aurons tous la vie normale à laquelle nous aspirons et que nous méritons.

Donc, je m’engage aujourd’hui à ne pas être distrait, même par des amis, et des dirigeants palestiniens qui affichent encore bêtement leurs espoirs sur la depuis longtemps révolue « solution à deux Etats”. Si on a l’envie de contribuer à apporter un changement de régime en Palestine, le seul chemin pour ce faire est une lutte pour l’égalité des droits humains et civiques et la réparation intégrale pour tous ceux qui sont et ont été victimes du sionisme, à l’intérieur et en dehors de la terre bien-aimée de Palestine.

Puisse votre bien-aimé reposer en paix en sachant que sa mort n’aura pas été en vain – non pas parce qu’il sera vengé. Nous n’avons pas besoin de plus d’effusion de sang. Je crois encore qu’il existe un moyen de vaincre les systèmes qui font le mal avec le pouvoir de l’humanité et de l’éthique.

La justice, cela signifie aussi amener les assassins qui ont tué votre bien-aimé et tant d’autres devant la Cour, et nous devons continuer pour amener les criminels de guerre israéliens à un procès devant les tribunaux internationaux.

C’est un chemin très long, et parfois j’ai envie de faire partie d’une force qui utilisera la force dure pour mettre fin à l’inhumanité. Mais je m’engage à travailler pour la justice, la justice complète, la justice réparatrice.

C’est ce que je peux promettre – de travailler à prévenir la prochaine étape dans le nettoyage ethnique de la Palestine et le génocide des Palestiniens de Gaza.

27 juillet 2014.

Auteur de nombreux ouvrages, Ilan Pappe est professeur d’histoire et directeur du Centre européen pour les études palestiniennes à l’Université d’Exeter en Grande-Bretagne.

27 juillet, 2014

Texte Palestine-18 lu au rassemblement de Vierzon du samedi 26 juillet 2014

Classé dans : B - Action 2012 - 2013 — palestine18 @ 17:49

Mesdames, messieurs,

Nous allons commémorer la semaine prochaine la mort de Jean Jaurès assassiné le 31 juillet 1914. Nous allons nous rappeler de l’entrée en guerre de la France le 3 août 1914. Cette horrible guerre a conduit la chute de l’Empire Ottoman qui allait entraîner le Proche et le Moyen Orient dans une tourmente extrême qui continue aujourd’hui sur pratiquement l’ensemble de ses territoires.

Nous sommes en 2014, cent ans après et Gaza croule sous les bombes israéliennes. Ce petit territoire du Proche Orient surpeuplé dont un peu plus du quart des habitants y sont des réfugiés de 1948, 1967 revit périodiquement le même cauchemar. De nombreux civils meurent de par la volonté délibérée de l’occupant actuel israélien (Selon un bilan publié samedi dernier par l’Unicef, plus de 70 mineurs ont péri – sur un total d’environ 340 morts décomptés par les services de secours de Gaza - depuis le début de l’opération militaire israélienne le 8 juillet. Dans le même temps, 637 mineurs ont été blessés à Gaza, et 4 en Israël par des tirs de roquettes palestiniennes, a précisé l’Unicef). Et nous sommes là impuissants à enrayer la machine de guerre israélienne.

La question qui nous est posée est donc que faire ?

Pour donner deux éléments de réponse parmi d’autres je reprendrai les propos de monsieur Mustapha Barghouti, médecin vivant en Cisjordanie, fondateur des comités de secours médicaux en Palestine et cofondateur du mouvement Boycott Désinvestissements Sanctions, plus communément appelé BDS.

 

Premier élément de réponse : être en compassion, en empathie avec nos amis palestiniens.

 

Je cite Mustapha Barghouti

 

« Les citoyens français doivent d’abord nous comprendre, comprendre notre souffrance. Que feraient-ils si deux de leurs enfants étaient tués sous leurs yeux ? Comment se sentiraient-ils face à un père qui, comme je l’ai vécu récemment, crie aux corps sans vie de ses deux enfants : « Pardonnez-moi, mes enfants, de ne pas avoir pu vous protéger » ? Ce que peuvent faire les Français ? Voir notre humanité. Nous ne sommes pas des animaux. Nous sommes des gens normaux, avec un grand héritage, de grands poètes, de grands comédiens, une grande culture, une grande histoire et même une grande cuisine. »

 

Deuxième élément de réponse : lutter avec les palestiniens contre le système mis en place par l’État d’Israël

 

Je cite à nouveau monsieur Barghouti :

 

Avec la campagne BDS les gens luttent contre un système de racisme et d’apartheid, un système qui est mauvais à la fois pour les Palestiniens et pour les Israéliens. Avec notre résistance populaire non-violente, nous, membres du mouvement BDS, luttons pour libérer les deux peuples de ce système d’apartheid. Parce que les Israéliens ne seront pas libres tant que les Palestiniens ne seront pas libres. Rappelons les paroles prononcées par Nelson Mandela, après la libération de l’Afrique du Sud : « Notre liberté ne sera pas complète, sans la liberté du peuple palestinien ». Il a également déclaré : « La question palestinienne est la question la plus importante de nos jours ».

Notre action de boycott ne vise pas le peuple israélien. C’est un boycott contre la politique d’occupation, il est contre le système de l’apartheid. Je me bats pour libérer Israéliens et Palestiniens du système d’apartheid.

Mesdames, messieurs, rejoignons le combat de Mustapha Barghouti, organisons, développons sur nos territoires le mouvement BDS qui, au dire de nombreux commentateurs politiques, est un moyen pacifique pour transformer la politique de l’État Israélien et en plus qui est à notre portée.

 

Je vous remercie de votre attention

Francis Vite

président Palestine-18

24 juillet, 2014

Rassemblement de solidarité avec le peuple palestinien à 11h samedi 26 juillet Place de la République à Vierzon

Classé dans : B - Action 2012 - 2013 — palestine18 @ 8:41

Suite aux événements qui ont lieu actuellement à Gaza et en Cisjordanie, à l’initiative de la section PCF Vierzon, un rassemblement de solidarité avec le peuple palestinien est organisé Samedi 26 Juillet à 11h00 Place de la République à Vierzon, près de la médiathèque.

Toutes les forces progressistes, les syndicats et associations qui voudront y participer pour soutenir le peuple palestinien seront les bienvenues.

Merci à chacun de relayer l’information autour de vous et par vos réseaux sociaux.

Soyons nombreux !

23 juillet, 2014

« Je me bats pour libérer Israéliens et Palestiniens du système d’apartheid » par Mustapha Barghouti

Classé dans : A - Informations générales — palestine18 @ 15:32

« Je me bats pour libérer Israéliens et Palestiniens du système d’apartheid »

Basta ! : Beaucoup de membres de la communauté internationale avancent qu’après l’assassinat des trois auto-stoppeurs israéliens et en raison de tirs incessants des roquettes par le Hamas, le gouvernement d’Israël n’avait pas d’autre option que de « se défendre » en attaquant et bombardant Gaza. Quelle est votre analyse ?

Mustafa Barghouti [1] : Malheureusement, beaucoup de gens en Occident, y compris l’Union européenne, adoptent le « story telling » israélien. C’est une grande erreur. Barack Obama s’est ridiculisé à nos yeux en condamnant les Palestiniens plutôt que les véritables agresseurs. Deux points sont mal compris par les médias : concernant l’enlèvement des trois jeunes Israéliens, qui étaient des colons, les autorités israéliennes n’ont apporté aucune preuve qu’ils aient été enlevés ou tués par des Palestiniens. La seule chose qui a été prouvée, c’est que des colons israéliens ont attaqué plusieurs Palestiniens et que certains d’entre eux ont enlevé, torturé et brûlé vif un jeune palestinien, Mohammed Abu Khdeir.

« Je me bats pour libérer Israéliens et Palestiniens du système d’apartheid » par Mustapha Barghouti dans A - Informations générales dsc7159-7eab1Les colons israéliens ont mené de très nombreuses attaques contre les Palestiniens, partout en Cisjordanie. Entre le 15 mai et l’attaque sur Gaza, Israël a tué 27 Palestiniens. Dont des enfants. Parmi eux, deux garçons abattus par balles, alors qu’ils manifestaient pacifiquement à Ramallah, le 15 mai. Je veux vous montrer les balles qu’ils utilisent, des balles à haute vélocité, qui ont une forte capacité pénétrante [voir la photo, ndlr]. Ce type de balles a été responsable du meurtre d’un grand nombre de Palestiniens.

Le deuxième point que je veux mettre en avant, c’est que les Palestiniens n’ont pas commencé cette guerre. Si tant est que l’on puisse appeler ça une guerre ! C’est une attaque menée par l’armée israélienne, la cinquième plus puissante armée du monde. Une armée disposant d’équipements de haute technologie, dont des avions extrêmement sophistiqués. Que peuvent les Palestiniens face à cette force écrasante ? Ils n’ont qu’une puissance de feu limitée et primitive pour se protéger !

Comment a commencé cette guerre, selon vous ?

Israël est à l’origine de cette attaque, qui n’a pas commencé dans la bande de Gaza, mais en Cisjordanie. Cela a commencé par un acte de punition collective. Israël a envahi au moins trois mille maisons, détruit de nombreuses structures, volé l’argent trouvé, fermé de nombreuses organisations à but social, y compris des organisations qui prennent soin des orphelins et des pauvres. Et ils ont arrêté plus de mille Palestiniens. Parmi ces personnes injustement arrêtées se trouvent dix membres du Parlement palestinien. Aujourd’hui, nous avons 35 parlementaires palestiniens dans des prisons israéliennes. Des députés qui ne viennent pas seulement du Hamas, mais aussi du Fatah [organisation fondée par Yasser Arafat, ndlr], du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et d’autres groupes politiques.

Ensuite, Israël s’est déchaîné en matière de projets de colonies à Jérusalem. En plus de la brutalité de la colonisation, l’armée israélienne a été très violente contre les manifestants pacifiques palestiniens. Il y a également le cas de Tarek Abu Khdeir, ce garçon de 15 ans, cousin du jeune Palestinien brûlé vif, qui a été jeté au sol et battu par des soldats israéliens. Une agression montrée à la télévision partout dans le monde. Tout cela a eu lieu juste avant qu’Israël déclenche la guerre à Gaza.

Dans cette guerre, quelles sont les motivations du gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou ?

Le gouvernement de Benyamin Netanyahou a trois objectifs. Le premier est de briser la volonté politique du peuple palestinien et de nous imposer des accords qui vont nous asservir à jamais, dans un système d’apartheid. Ensuite Benyamin Netanyahou mène une guerre contre la réconciliation des Palestiniens. Lorsque nous ne sommes pas unis, il prétend qu’il ne peut pas faire la paix avec les Palestiniens, parce que personne n’est en mesure de les représenter tous. Et lorsque nous sommes unis, Benyamin Netanyahou dit qu’il ne peut pas faire la paix avec nous parce que nous sommes unis [2], et mène une guerre contre nous.

Enfin, le gouvernement israélien a été confronté à un isolement international, après la diffusion de sa position sur le gouvernement de réconciliation palestinien. Dès lors, Israël a recherché des moyens pour briser cet isolement et, de mon point de vue, l’un de ces moyens consiste à prétexter qu’ils sont les victimes. Et je pense qu’ils ont partiellement réussi, notamment à cause des préjugés et de l’autocensure des médias occidentaux.

Mais le gouvernement israélien présente cette offensive comme une offensive contre le Hamas, et affirme qu’il prévient les Palestiniens avant de les bombarder…

Mais cette guerre n’est pas une guerre contre le Hamas, c’est une guerre contre tous les Palestiniens ! D’ailleurs, l’écrasante majorité des personnes tuées ne sont pas du Hamas. Ce sont des civils palestiniens. Il est tout à fait inacceptable d’accuser les Palestiniens d’être responsables du fait que l’armée israélienne est en train de les massacrer ! C’est inhumain de prétendre que nous sommes responsables de la mort de nos enfants ! Y-a-t-il un autre endroit au monde où l’on sous-entend cela ?

Il faut rappeler que la guerre se poursuit depuis huit ans à Gaza. C’est-à-dire depuis le début du blocus de Gaza, mené par Israël puis par l’Égypte. Ce blocus est inhumain, inacceptable. Nous parlons d’une situation où la bande de Gaza est privée d’eau potable, où 90 % des accès à l’eau sont impropres pour l’homme, la plupart étant soumis à la pollution ou la salinisation. Plus de 90 % des jeunes qualifiés sont au chômage, avec l’un des niveaux de pauvreté les plus élevés au monde. Avant même cette attaque israélienne, la situation sanitaire à Gaza était l’une des plus catastrophiques au monde. En soi, le blocus d’un petit endroit comme Gaza [d’une superficie de 360 km2, ndlr] est un acte d’agression.

Comment les médias internationaux peuvent-ils avancer qu’Israël, le quatrième exportateur d’armes au monde, a le droit de se défendre, mais pas les Palestiniens, dont le territoire est occupé depuis des décennies ? Il y a une totale dissymétrie entre les moyens palestiniens et les moyens israéliens. Et un usage totalement disproportionné de la force par Israël. Les Palestiniens ont le droit de résister à l’occupation. Dire le contraire reviendrait à dire que la résistance française dans les années 1940 était injustifiée et criminelle. Comme la résistance française qui refusa de collaborer, nous, Palestiniens, refusons de collaborer. Nous refusons d’abandonner notre droit de dire non à l’occupation.

Le cœur de notre souffrance, le cœur de notre lutte, c’est l’occupation et l’apartheid qui l’accompagne. Apartheid qui est pire que celui de l’Afrique du Sud. C’est la plus longue occupation de l’histoire moderne ! La communauté internationale a autorisé dans les faits Israël à imposer cette occupation, au détriment du droit international et sans qu’Israël ne soit sanctionné.

Vous êtes un non-violent, vous ne croyez pas à l’option militaire. Que pensez-vous de la multiplication, dans le monde, des campagnes Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS), qui visent à contraindre économiquement le gouvernement israélien à mettre un terme à l’occupation des territoires palestiniens ?

Je crois que nous avons le droit de résister sous toutes ses formes. Gaza a le droit de se défendre. Vous ne pouvez pas vous défendre avec du papier lorsque vous êtes bombardés ! Il y a une certaine limite. Nous ne pouvons pas continuer la non-violence populaire quand on nous tire dessus avec des balles de ce genre. Mais je crois, en principe, qu’à un moment donné, il devrait y avoir un cessez-le-feu. Et dès lors, la principale forme de lutte pour les Palestiniens sera la résistance populaire non-violente. Mais cette lutte ne peut pas réussir sans une campagne de « boycott-désinvestissement-sanctions » puissante. Exactement comme ce qui s’est passé en Afrique du Sud pour faire céder le gouvernement d’apartheid. Sans une campagne dite « BDS » dans ce pays, ceux qui défendaient la fin de ce système n’auraient pas réussi.

Je suis l’un des fondateurs du mouvement BDS. J’en suis fier. Nous sommes très fiers de ce que nous faisons. Selon certains analystes, Israël a déjà perdu cette année près de 15 milliards de dollars. Il est désormais certain, selon les propres statistiques israéliennes, que les colons ont perdu 35% de leurs exportations, agricoles ou industrielles.

Personnellement, je refuse le recours aux moyens militaires. Je ne suis pas contre le droit des gens à en faire usage, mais personnellement je ne les utilise pas, j’ai toujours agi et manifesté pacifiquement. En dépit de cela, j’ai été blessé huit fois par les forces israéliennes. Deux fois avec des balles à haute vélocité. En 1996, on m’a tiré dessus alors que je soignais une personne blessée. J’étais à l’intérieur d’une maison, avec ma blouse blanche et j’ai été touché par un tir de sniper. Les forces israéliennes m’ont aussi cassé le genou. Et récemment, j’ai reçu une bombe sonore. En dépit de la manière avec laquelle Israël traite les personnes qui luttent de façon non-violente, je continuerai à poursuivre dans cette voie.

Que répondez-vous à ceux qui, en France, tentent de délégitimer la campagne BDS en la qualifiant de raciste, voire d’antisémite ?

Avec la campagne BDS, les gens ne soutiennent pas le racisme, au contraire ils luttent contre un système de racisme et d’apartheid, un système qui est mauvais à la fois pour les Palestiniens et pour les Israéliens. Avec notre résistance populaire non-violente, nous, membres du mouvement BDS, luttons pour libérer les deux peuples de ce système d’apartheid. Parce que les Israéliens ne seront pas libres tant que les Palestiniens ne seront pas libres. Quant à l’antisémitisme, n’oubliez pas que les Palestiniens sont aussi sémites ! Rappelons les paroles prononcées par Nelson Mandela, après la libération de l’Afrique du Sud : « Notre liberté ne sera pas complète, sans la liberté du peuple palestinien ». Il a également déclaré : « La question palestinienne est la question la plus importante de nos jours ».

Notre action de boycott ne vise pas le peuple israélien. C’est un boycott contre la politique d’occupation, il est contre le système de l’apartheid. Je me bats pour libérer Israéliens et Palestiniens du système d’apartheid.

Comment un citoyen français, qui suit les évènements à travers sa télévision, et qui peut penser que ce conflit se résume à une guerre de religion entre deux peuples fanatiques, ou que la guerre est de la seule responsabilité des Palestiniens, assimilés à des terroristes, peut-il transformer son point de vue ?

Les citoyens français doivent d’abord nous comprendre, comprendre notre souffrance. Que feraient-ils si deux de leurs enfants étaient tués sous leurs yeux ? Comment se sentiraient-ils face à un père qui, comme je l’ai vécu récemment, crie aux corps sans vie de ses deux enfants : « Pardonnez-moi, mes enfants, de ne pas avoir pu vous protéger » ? Ce que peuvent faire les Français ? Voir notre humanité. Nous ne sommes pas des animaux. Nous sommes des gens normaux, avec un grand héritage, de grands poètes, de grands comédiens, une grande culture, une grande histoire et même une grande cuisine.

Pour ceux qui ne voient en nous que des terroristes, rappelons que Mandela était considéré comme un terroriste, il a fait 27 ans de prison pour son engagement politique. Ce n’est qu’en 2008 qu’il a été retiré de la liste américaine des personnalités terroristes. Gandhi lui-même a été appelé « terroriste » ! Yasser Arafat a été considéré pendant des années comme un terroriste, puis il est devenu acceptable aux yeux de l’opinion internationale et on lui a donné le prix Nobel… Avant de le qualifier de nouveau de terroriste. Par contre, on ne dit pas de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité nationale palestinienne, que c’est un terroriste. Et pour autant, le gouvernement israélien refuse de faire la paix avec lui.

Propos recueillis par Eros Sana, à Ramallah.

Photos :
Eros Sana – Collectif OEIL (portrait) / Photo de Une : manifestation non-violente contre le mur de séparation, Cisjordanie, 2010 © Haggai Matar / Haaretz

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