Palestine-18

Solidarité avec le peuple palestinien

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7 août, 2013

Interview de Mustapha Bargouti dans le journal « L’humanité » du 6 août

Classé dans : A - Informations générales — palestine18 @ 13:46

 Comment jugez-vous la reprise des discussions israélopalestiniennes ?

Des discussions ont effectivement commencé. Mais le problème est que pendant qu’une délégation palestinienne négocie, Israël continue sa politique de colonisation. Autant dire que ces discussions se mènent sur un sol très fragile ! D’un côté il y a cette politique de colonisation, de l’autre il n’y a aucun terme de référence vraiment clair. L’expérience de vingt ans de négociations suffit pour prouver que c’était une erreur de signer les accords d’Oslo avant un arrêt de la colonisation, le nombre de colons dans les territoires occupés étant passé depuis de 150 000 à 600 000.

Quelle est alors la signification politique de telles discussions ?

D’abord, il est difficile de savoir s’il faut attendre de réels progrès de ces discussions ou si, au contraire, chacune des deux parties se comporte de telle manière pour ne pas être accusée d’avoir fait capoter la reprise des discussions. Nous verrons bien, mais il y a vraiment de nombreux problèmes. Je ne pense pas que le gouvernement israélien soit prêt à faire des compromis, notamment sur la question de Jérusalem, des réfugiés et de la colonisation. On peut également penser qu’Israël joue la montre, imposant sa politique du fait accompli sur le terrain. Enfin, certains veulent sûrement la réussite de ces discussions, car ils sentent bien que la fenêtre d’opportunité est en train de se refermer. C’est la dernière chance pour une solution à deux États.

Que cherchent les États-Unis ?

Les Américains ont deux motivations. Un, ils sentent bien que la fenêtre d’opportunité se referme. Deuxièmement, ils sentent aussi que la question palestinienne est le facteur le plus déstabilisant et ils veulent geler cette question pour neuf mois, jusqu’à ce qu’ils se retirent de la région. Enfin, ils recherchent un accord qui leur permette d’éviter toute instabilité. Mais cela ne garantit en rien que les négociations aboutiront.

Que peuvent faire les Palestiniens ?

Sans action sur le terrain, nous ne pouvons pas changer la situation. La seule façon de changer le rapport de forces est la résistance populaire non violente. Le renforcement de la campagne Boycott-désinvestissement- sanctions (BDS), obtenir de nouveaux développements, comme récemment la décision de l’Union européenne concernant les produits des colonies. Et il nous faut continuer nos activités au sein de l’ONU aussitôt que possible.

Pourquoi la campagne pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers politiques palestiniens est-elle si importante ?

Une telle campagne est très importante parce qu’elle symbolise le droit des Palestiniens à être libres. Bien sûr, Marwan Barghouti et les 4 700 détenus sont en prison dans des conditions terribles. Mais l’ensemble des Palestiniens sont, aujourd’hui, en prison. Ce n’est rien d’autre qu’une prison plus grande.Chaque ville est devenue un bantoustan, un ghetto, entouré par des colonies, des check-points, un mur. C’est pourquoi l’idée de la libération des prisonniers représente l’aspiration des Palestiniens à la liberté en tant que peuple. L’arrestation de ces Palestiniens est illégale. Les Israéliens violent toutes les lois internationales, violent la convention de Genève du fait même de ces arrestations, de la façon dont ils les détiennent et de l’endroit même où ils les confinent. Fondamentalement, la situation des prisonniers politiques palestiniens est une violation très grave des droits humains. Un exemple : ce qu’ils appellent la détention administrative. Ils peuvent arrêter qui ils veulent pour une période illimitée, sans charge, sans même que la personne arrêtée sache ce qu’on lui reproche ! Un tel système n’existe pratiquement plus qu’en Israël. Un système qui permet d’arrêter les enfants, de torturer les prisonniers et même de les tuer parfois comme cela est arrivé récemment avec Arafat Jaradat. Il avait trente ans, en pleine forme. Au sixième jour de son arrestation, il est mort lors d’un interrogatoire. Certains des prisonniers sont des parlementaires. D’autres sont incarcérés depuis très longtemps. Tout le monde se souvient du cas de Nelson Mandela parce qu’il est resté en prison pendant vingt-sept ans. Nous avons plus d’un Nelson Mandela. Karim Younès, par exemple, est toujours en prison depuis trente et un ans. Il y a le cas de Marwan Barghouti, condamné à cinq fois la prison à vie, ou d’Ahmed Saadat, condamné à trente ans. C’est inacceptable. Chaque famille palestinienne a eu, a ou aura un prisonnier. 750 000 Palestiniens ont été détenus ou arrêtés depuis 1967. Ce fut d’ailleurs une erreur du leadership palestinien d’avoir signé les accords d’Oslo sans avoir obtenu la libération de tous les prisonniers politiques. Nous avons 105 Palestiniens mis en prison avant les accords d’Oslo. Leurs leaders, qui leur ont donné l’ordre de conduire des actes de lutte, ont maintenant un statut de VIP, bénéficient de tous les privilèges alors que les autres sont en prison ! C’est pourquoi les prisonniers eux-mêmes, par une lutte exemplaire – une grève de la faim –, ont remis la question sur le devant de la scène.

La résistance populaire et non violence est-elle adoptée par le peuple palestinien ?

C’est notre réponse à l’oppression israélienne. Nous réalisons que le meilleur moyen pour atteindre nos objectifs est la résistance non violente. La campagne a démarré il y a dix ans, lorsque Israël a commencé la construction du mur. Cela s’est répandu de village en village. Récemment, tous les comités de résistance populaire se sont unifiés et mènent des actions nationales. Nous ne réagissons pas seulement à ce que fait l’occupant. Nous prenons l’initiative et nous le forçons à réagir. C’est ainsi que nous occupons les terres que veulent s’approprier les colons et que nous mettons en lumière le système israélien d’apartheid.

Entretien réalisé par

Pierre Barbancey

Ahmad Gharabli/AFP

26 juillet, 2013

carte de Cisjordanie

Classé dans : A - Informations générales — palestine18 @ 11:44

Voici une carte de Cisjordanie très claire qui montre l’occupation israélienne et le découpage en zone A (sous contrôle palestinien) B (contrôle conjoint ce qui signifie qu’Israël fait ce qu’il veut dans cette zone) C (contrôle israélien exclusif) et la zone militaire israélienne.

carte de Cisjordanie dans A - Informations générales carte-cisjordanieQuelques explications du concepteur:

 

J’assume avec Olivia ce choix.

Pour deux raisons.pour deux raisons.

D’une part, les colonies n’est pas le propos principal de ce qu’Olivia m’a demandé. Elle voulait montrer l’importance des zones militaires dans l’emprise territoriale israelienne en Cisjordanie. En cela, je trouve cette carte réussie.

Et d’autre part, et c’était mon point de vue dès le départ sur la base de ce que j’ai pu voir de longue date sur la cartographie dédiée à la Cisjordanie…

Soit on montre une carte ultra précise (B’tselem, ONU), et qui nécessite un examen à la loupe village par village.

Soit on tente d’en montrer trop et on rate souvent l’objectif de la carte. On surcharge le document qui devient, à la fin des fins, illisible. Cet écueil est un piège dans lequel les auteurs tombent souvent.

Le système d’occupation et de colonisation mis en place par Israel est un travail d’orfèvre, et il y a assez de matière pour dessiner un Atlas (ce qu’a déjà fait l’ONU). Le territoire est le noyau central de cette spoliation progressive. La carte est donc naturellement le document de présentation par excellence.

Une carte doit rester didactique, un outil de communication à destination du plus grand nombre. En tant que militants, nous connaissons à la fois le terrain et les enjeux (même si de mon côté, j’ai du lâcher un peu la bride après la naissance de mes deux bébés). Et si nous sommes incapables de simplifier notre propos, pour caricaturer, nous en venons à discuter de la couleur des chaussettes de Netanyahou au lieu de faire ce que nous demandent les palestiniens : de l’éducation populaire.

Par exemple, si j’avais du faire une carte des colonies, j’aurai inclus les zones agricoles prises aux palestiniens et tenté de montrer le maillage routier ultra ségrégatif mis en place par l’occupant.

C’est un choix de ne pas montrer les colonies, donc. Il n’est pas parfait, mais répond à mon sens parfaitement à la question du moment.
Dans sa publication, si j’ai bien compris, Olivia présentera une carte des colonies à côté de la mienne

 

 

 

22 juillet, 2013

Des israéliens soutiennent le boycott : article 2

Classé dans : A - Informations générales,Boycott — palestine18 @ 8:56

Uri AvneryDes israéliens soutiennent le boycott : article 2 dans A - Informations générales index

20 juillet 2013

Un cadeau de l’Europe

POUR MON 70e anniversaire, j’avais reçu un cadeau d’Yitzhak Rabin : il avait signé le document reconnaissant l’existence du peuple palestinien, après de nombreuses décennies de déni. Il reconnaissait aussi l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) comme son représentant. Je demandais cela, presque seul, depuis des années.

Trois jours plus tard, les Accords d’Oslo étaient signés sur la pelouse de la Maison blanche.

Cette semaine, j’ai reçu un autre cadeau d’importance semblable, visiblement en anticipation de mon 90e anniversaire, dans moins de deux mois.

Rien moins qu’une institution comme l’Union européenne a fait une déclaration équivalant en pratique à un appel au boycott total des colonies, 15 ans après l’appel à un tel boycott par Gush Shalom, l’organisation de la paix à laquelle j’appartiens.

La décision européenne dit qu’aucune institution ou entreprise israélienne ayant des liens directs ou indirects avec des colonies israéliennes en Cisjordanie, à Jérusalem-est ou sur les Hauteurs du Golan ne pourra faire l’objet de contrat, d’accord, de distinction ou autre chose semblable de la part de l’Union européenne ou de tout État membre. Pour en garantir la conformité, tout contrat entre des Israéliens et l’Union européenne devra comporter un paragraphe indiquant que les colonies ne font pas partie d’Israël.

L’un de mes amis m’a adressé un message d’un seul mot : Mabrouk (félicitations en arabe).

Si tout cela semble un peu mégalomane, je sollicite votre indulgence. Je suis tout simplement heureux.

QUAND NOUS avons décidé d’organiser notre boycott en 1998, nous avions en tête plusieurs objectifs étroitement liés.

Un boycott est un moyen éminemment démocratique, une forme de résistance non-violente.

Chaque individu peut décider pour lui-même ou pour elle-même de s’associer ou non au boycott.

Tout individu peut aussi décider soit de boycotter toutes les entreprises de la liste proposée, soit d’en exclure certaines. Une partie de ceux qui nous soutiennent refusèrent de boycotter les colonies du Golan qu’ils considéraient comme différentes des autres, d’autres refusèrent de boycotter celles de Jérusalem-est. Un artiste célèbre avait déclaré qu’il lui était totalement impossible de vivre sans les excellents vins du Golan.

Beaucoup d’entreprises dans les colonies n’y sont pas allées pour des raisons idéologiques – les capitalistes ne sont généralement pas connus pour leur ferveur idéologique – mais parce que le gouvernement israélien leur attribuait gratuitement des terrains (volés), ainsi que toutes sortes d’avantages, exemptions d’impôts et autres mesures incitatives. Il y avait une logique économique pour une entreprise à vendre cher leur site de Tel Aviv pour obtenir un terrain gratuit à Ariel. Un boycott peut contrebalancer cet avantage.

Contrairement au fait de descendre dans la rue pour se joindre à une manifestation, ne pas acheter quelque chose dans un supermarché est une affaire privée. Dans une manifestation on peut recevoir des gaz lacrymogènes, être la cible de canons à eau ou se faire frapper. On s’expose au risque de se voir inscrire sur une liste quelque part et même de se voir écarté d’un emploi du gouvernement.

Tout le monde peut boycotter. On n’a pas besoin de rejoindre une organisation, de signer une pétition, de donner son identité. Et cependant on a la satisfaction de faire quelque chose d’utile, en accord avec ses convictions.

Mais notre objectif principal se situait au plan des idées. Depuis des décennies les gouvernements israéliens successifs s’efforcent de supprimer la Ligne Verte de la carte et de l’esprit des gens. L’objectif principal du boycott était de replacer les frontières réelles d’Israël dans l’esprit du public.

Nous avons diffusé des milliers de copies de la liste des entreprises dans les colonies, toutes sur demande.

Le gouvernement israélien nous gratifia du compliment exceptionnel de promulguer une loi spéciale pour sanctionner tous les appels au boycott des productions des colons. Toute personne qui se sent lésée par un tel appel peut demander des indemnités illimitées, sans avoir à apporter la preuve d’un dommage réel. Cela peut atteindre des millions de dollars.

Nous avons demandé à la Cour Suprême d’invalider cette loi, mais la cour traîne les pieds depuis déjà plusieurs années, de toute évidence par peur d’être critiquée.

POURTANT, alors que pendant que nous faisions cela, l’Union européenne faisait le contraire. Elle aidait en pratique à financer les colonies – les mêmes colonies qu’elle déclarait illégales.

En réalité, les nouvelles mesures ne sont en rien nouvelles. Les accords entre l’Union européenne et Israël exemptent les produits israéliens de droits de douane européens, comme si Israël était un État européen. Israël est déjà membre de la ligue européenne de football, du concours de chansons de l’Eurovision ainsi que d’autres manifestations et organisations. Les universités israéliennes reçoivent de l’Europe des fonds considérables pour la recherche et participent à des programmes scientifiques européens.

Tous ces accords ne concernent en principe qu’Israël à proprement parler et ne s’appliquent pas aux colonies. Pourtant depuis des décennies, le super-gouvernement de Bruxelles a consciencieusement fermé les deux yeux.

Je le sais, parce que je me suis moi-même rendu à Bruxelles il y a des années pour protester contre cette pratique, expliquant aux membres de la commission, aux fonctionnaires et aux parlementaires que, dans la pratique, ils encouragent les colonies et incitent les entreprises à s’y installer. On m’a fait comprendre que l’on avait de la sympathie pour notre position mais qu’on était impuissant, parce que plusieurs pays européens, comme l’Allemagne et les Pays Bas, bloquaient toute tentative au sein de l’Union d’agir contre les intérêts apparents d’Israël.

Il semble que cet obstacle ait été maintenant surmonté. Et j’en suis heureux.

EN ISRAËL, le gouvernement a appris la nouvelle avec consternation. Quelques jours plus tôt ils n’auraient pas pu imaginer que ce fut possible.

En Israël, l’Union européenne est objet de risée. Forts de la conviction que nous avons le contrôle absolu de la politique américaine, nous pouvions considérer l’UE avec mépris, alors qu’elle est notre principal partenaire commercial. Elle est la destination d’une grande partie des exportations israéliennes, y compris les équipements militaires.

Les leaders du gouvernement maintenant tremblent de rage. Pas un seul homme politique n’a osé s’exprimer en faveur de la décision européenne. Droite et gauche sont unies pour la condamner. Benjamin Nétanyahou a déclaré que seul Israël déciderait du tracé de ses frontières, et seulement dans le cadre de négociations directes. Peu importe qu’il fasse obstruction depuis des années à de véritables négociations directes.

Naftali Bennett, le ministre de l’Économie, qui se trouve être aussi le délégué en chef des colons, a rejeté la décision d’emblée. Quelques jours plus tôt seulement, ce génie politique (et “frère” auto-proclamé de Ya’ir Lapid) avait annoncé qu’il n’y avait absolument aucune pression sur Israël.

Lapid lui-même formula l’opinion que la démarche européenne était une “décision lamentable”.

Bennett propose maintenant de punir l’Europe en arrêtant tous les projets humanitaires de l’Union européenne en Cisjordanie. (Cela rappelle la blague sur le noble polonais dont le juif avait été battu par un autre noble et qui menaçait : “Si vous n’arrêtez pas de battre mon juif, je vais battre votre juif !”)

Mais le plus révélateur des arguments avancés par les dirigeants israéliens est que la décision européenne compromet les efforts courageux de John Kerry pour engager des négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne.

C’est le comble du culot. Cela fait des mois maintenant que Nétanyahou et son gouvernement font tout ce qu’ils peuvent pour empêcher le malheureux Kerry d’atteindre ses objectifs. Ils utilisent maintenant ses efforts stériles comme feuille de vigne pour les colonies.

Shelly Yachimovitch, la “chef de l’opposition” officielle, s’est contentée de répéter l’appel à des négociations. Pas l’ombre d’une critique des colons, pour lesquels elle a publiquement déclaré sa sympathie.

COMME D’HABITUDE dans ce genre de situations, l’opinion publique israélienne s’est mise à chercher à qui faire porter la responsabilité. Mais il n’y a personne en vue.

Israël n’a pas de ministre des Affaires étrangères, seulement un délégué, qui se trouve être l’un de ceux qui siègent le plus à l’extrême droite à la Knesset. Le précédent ministre, Avigdor Lieberman, est en procès pour corruption, et le poste est maintenu en attente pour lui. Nétanyahou pense évidemment qu’aucun juge n’osera déclarer coupable le terrible Lieberman, alors que le procureur général a déjà renoncé à l’inculper pour les chefs d’accusation les plus graves.

En l’absence de ministre (officiellement, le Premier Ministre assure l’intérim) et avec un ministère des Affaires étrangères démoralisé, il ne pouvait pas y avoir eu d’avertissement préalable.

Il a des gens qui prétendent que la décision européenne est en réalité une action pro-israélienne, parce qu’elle anticipe un boycott général d’Israël qui est demandé par un nombre croissant de personnalités et d’ONG dans le monde. Un boycott des colonies représente le minimum.

À cet égard également, les Européens ont adopté eux aussi une position que mes amis et moi défendons depuis des années.

Contrairement à plusieurs Israéliens de gauche, je pense qu’un boycott général d’Israël est contre-productif. Alors que notre boycott est conçu pour isoler les colons et les brouiller avec la masse de la population israélienne, un boycott général (qualifié de BDS) entraînerait presque tous les Israéliens dans les bras des colons, sous le vénérable slogan juif : “Le monde entier est contre nous !” Il donnerait plus de force à l’argument que le véritable objectif n’est pas de faire changer la politique israélienne, mais de rayer complètement Israël de la carte.

C’est vrai, il y a quelques bonnes raisons pour un boycott général, y compris l’exemple historique du boycott de l’Afrique du Sud de l’apartheid. Mais la situation israélienne est tout à fait différente.

LE TERME “boycott” a été inventé en 1888 dans une situation qui ne différait pas de la nôtre aujourd’hui. Il s’agissait de domination étrangère, de terres et de colons.

En Irlande, alors sous occupation britannique, il y avait une famine. Charles Boycott, le représentant d’un propriétaire absent, expulsa des métayers locaux qui ne pouvaient pas payer leur loyer. Un dirigeant nationaliste irlandais appela ses concitoyens à ne pas attaquer Boycott physiquement mais à le tenir à l’écart. Tous ses voisins cessèrent toutes relations avec lui, de travailler pour lui et de lui adresser la parole. Boycott devint synonyme de mise au ban de la société.

Le boycot par l’Union européenne des colonies et de ceux qui les soutiennent va avoir un impact économique majeur. Personne n’en connait encore l’importance. Mais l’effet moral est encore plus significatif. Même si des pressions israélo-américaines massives contrecarrent ou à tout le moins diffèrent l’action européenne, le choc moral est déjà dévastateur.

Il nous dit : les colonies sont illégales. Elles sont immorales. Elles font subir une injustice considérable au peuple palestinien. Elles rendent la paix impossible. Elles mettent en danger l’avenir même d’Israël.

Merci l’Europe !

[Article écrit en hébreu et en anglais, publié par Gush Shalom le 20 juillet 2013 – Traduit de l’anglais « A Gift from Europe » pour l’AFPS : FL/SW]

Des isaéliens soutiennent le boycott: article 1

Classé dans : A - Informations générales,Boycott — palestine18 @ 8:45

 

 Le refuge ultime du patriote israélien: le boycott

Avec l’entrée d’Israël dans une nouvelle série d’inertie diplomatique, l’appel au boycott économique devient une exigence patriotique.

Des isaéliens soutiennent le boycott: article 1  dans A - Informations générales imagesPar Gideon Levy

Haaretz – 14 Juillet 2013

Quiconque s’inquiète réellement de l’avenir du pays doit maintenant être en faveur du boycott économique.

Une contradiction dans les termes? On a examiné les alternatives. Le boycott est le moindre mal et il pourrait avoir des effets bénéfiques de portée historique. C’est l’option la moins violente et celle qui a le moins de chances d’aboutir à un bain de sang. Elle serait douloureuse, comme les autres, mais les autres seraient pires.

Si l’on convient que le statu quo actuel ne peut durer toujours, c’est l’option la plus raisonnable pour convaincre Israël  de changer. Son efficacité a déjà été prouvée. De plus en plus d’Israéliens ont pris conscience récemment de la menace que représente le boycott. Lorsque la ministre de la justice, Tzipi Livni alerte sur son développement et appelle, en conséquence, à sortir de l’impasse diplomatique, elle apporte une preuve de la nécessité du boycott. Elle et d’autres rejoignent ainsi le mouvement boycott, désinvestissement, sanctions. Bienvenue au club !

Le changement ne viendra pas de l’intérieur. C’est clair depuis longtemps. Tant que les Israéliens ne paient pas le prix de l’occupation, ou tout du moins ne font pas le lien entre la cause et l’effet, ils n’ont aucune raison d’y mettre fin. Et pourquoi le résidant lambda de Tel Aviv devrait-il se soucier de ce qui arrive dans la ville de Jénine en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza ? Ces endroits sont très éloignés et pas particulièrement intéressants. Tant que l’arrogance et l’auto-victimisation continuent au sein du Peuple Elu, le plus élu du monde, toujours la seule victime, la situation réelle du monde n’y changera rien.

Nous disons que c’est de l’antisémitisme. Le monde entier est contre nous, sans que nous ne soyons responsables de son attitude à notre égard. Et par dessus le marché, en dépit de tout, le chanteur anglais Cliff Richard est venu se produire ici. L’opinion publique israélienne est pour l’essentiel coupée de la réalité – la réalité dans les territoires et à l’étranger. Et il y a ceux qui veillent à ce que cette déconnection dangereuse se maintienne. Parallèlement à la déshumanisation et à la diabolisation des Palestiniens et des Arabes, les gens ici sont trop soumis à un lavage de cerveau nationaliste pour retrouver leurs esprits.

Le changement ne viendra que de l’extérieur. Personne – y compris bien sûr l’auteur de ces lignes- ne souhaite un nouveau cycle sanguinaire. Un soulèvement palestinien non-violent est une possibilité mais il est peu probable à court terme. Ensuite, il y a la pression diplomatique américaine et le boycott économique européen. Mais les Etats Unis ne vont faire aucune pression. Si l’administration Obama n’en a pas fait, aucune autre Administration n‘en fera. Et puis l’Europe. La ministre de la justice Tzipi Livni dit que le discours en Europe est devenu idéologique. Elle sait de quoi elle parle. Elle a aussi dit qu’un boycott européen ne s’arrêterait pas  aux produits des colonies de Cisjordanie.

Il n’y a aucune raison qu’il s’y arrête. La distinction entre les produits de l’occupation et des produits israéliens est une création artificielle. Ce ne sont pas les colons qui sont les principaux coupables, mais plutôt ceux qui cultivent leur existence. Tout Israël est immergé dans l’entreprise de colonisation, alors tout Israël doit en assumer la responsabilité et payer le prix pour cela. Tout le monde est impliqué dans l’occupation, y compris ceux qui ont envie de regarder ailleurs. Nous sommes tous des colons.

Le boycott économique a prouvé son efficacité en Afrique du Sud. Quand les milieux d’affaires du régime d’apartheid ont interpellé les dirigeants du pays en leur disant que la situation ne pouvait pas continuer comme cela, le sort en a été jeté. Le soulèvement, la stature de leaders tels Nelson Mandela et Frédérik de Klerk, le boycott des sportifs sud-africains et l’isolement diplomatique du pays ont bien sûr contribué à la chute de l’odieux régime. Mais le ton a été donné par les milieux d’affaires.

Et cela peut arriver ici aussi. L’économie israélienne ne résistera pas au boycott. Il est vrai qu’au début cela va accroître le sentiment de victimisation, d’isolement et le nationalisme, mais ce ne sera pas le cas à long terme. Le boycott pourrait donner lieu à un changement  majeur d’attitude. Lorsque les milieux d’affaires s’adresseront au gouvernement, le gouvernement écoutera et peut-être agira. Quand la détérioration touchera le porte-monnaie de chaque citoyen, davantage d’Israéliens se demanderont, peut-être pour la première fois, de quoi il s’agit et pourquoi cela arrive.

Il est difficile et douloureux, presque impossible pour un Israélien qui a passé toute sa vie ici, qui n’a pas boycotté le pays, qui n’a jamais envisagé d’émigrer et qui se sent de tout son être attaché à son pays, d’appeler à un tel boycott. Je ne l’ai jamais fait. J’ai compris ce qui motive le boycott et j’ai pu y trouver des justifications. Mais je n’ai jamais appelé d’autres à faire ce pas. Néanmoins, Israël s’engageant dans une nouvelle phase de paralysie profonde tant diplomatique qu’idéologique, l’appel au boycott est une exigence, dernier refuge d’un patriote.

Traduction Sonia Fayman, 15 juillet 2013

8 mai, 2013

Les quatre raids qui ont failli provoquer une guerre généralisée

Classé dans : A - Informations générales — palestine18 @ 8:21

Un article de l’Orient le Jour intéressant à lire
Par Scarlett HADDAD | mercredi, mai 8, 2013

Tout au long de la journée de dimanche, la région était au bord d’un embrasement généralisé, suite au quadruple bombardement israélien de la Syrie. Il a fallu des contacts intensifs et précipités entre Moscou, Washington, New York, Damas, Le Caire et Jérusalem pour que l’escalade qui semblait inévitable soit plus ou moins contrôlée. Si nul ne peut encore dire de quoi l’avenir sera fait, on peut, en tout cas, comprendre un peu mieux ce qui s’est réellement passé.
En dépit des armes, de l’argent et des hommes envoyés en Syrie pour combattre aux côtés de l’opposition, celle-ci était en train de perdre du terrain face aux forces du régime. Ce dernier avait en effet réussi à reprendre le contrôle de la route reliant Lattaquié à Damas via Homs, qui est en quelque sorte l’épine dorsale du pays. Des rapports de centres de recherche commençaient à parler d’un effondrement de l’opposition dans six mois, si rien n’est fait pour l’aider. Une délégation arabe conduite par le Premier ministre du Qatar accompagné du secrétaire général de la Ligue arabe s’est donc rendue aux États-Unis pour demander une intervention directe américaine dans le conflit en Syrie. Mais le président américain Barak Obama,selon des experts, n’a pas été convaincu de la nécessité pour son pays d’intervenir directement. Il a donc clairement exprimé son refus tout en étudiant la possibilité d’envoyer des armes plus efficaces à l’opposition. C’est à ce moment, ajoutent-ils, qu’Israël est intervenu, proposant ses services aux Américains. Cet appel du pied israélien est intervenu au moment où la délégation arabe présentait, à partir de New York, un projet de règlement du conflit israélo-palestinien par le biais d’un échange de terres entre les deux parties qui constitue en réalité, selon des observateurs, une grande concession de la part des Palestiniens qui renoncent ainsi au droit au retour et à une bonne partie du territoire de la Palestine.
Cette proposition a été perçue comme un signal arabe, après le feu vert tacite américain donné à Israël de lancer des raids contre la Syrie. Les avions israéliens, qui ont pris soin de ne pas entrer dans l’espace aérien syrien, préférant, selon certaines sources, violer une fois de plus la souveraineté libanaise, ont ainsi bombardé aux alentours de minuit, dans la nuit de samedi à dimanche, quatre positions syriennes stratégiques autour de Damas : la colline de Qassioun, où, dit-on, sont installées des positions russes et qui fait face au palais présidentiel, le siège de la garde présidentielle, des dépôts d’armes et de munitions et enfin le centre de recherche de Gemraya, le tout dans le secteur de Ghouta qui commande pratiquement l’entrée de Damas.
Deux heures plus tard, les combattants de l’opposition, ajoutent ces sources, ont mené une quarantaine d’attaques sur plusieurs axes dans la même région, dans le but de prendre d’assaut la capitale, croyant pouvoir profiter de la confusion régnant dans les rangs de l’armée après les bombardements israéliens. Les alliés libanais du régime syrien affirment à cet égard qu’il y a eu bel et bien une coordination entre l’opposition syrienne et les Israéliens et ils en donnent pour preuve l’interview accordée par un des porte-parole de l’opposition Hassan Rastouni à la télévision israélienne dimanche, dans laquelle ce dernier exprime sa joie des bombardements israéliens ajoutant, toujours selon les alliés de Damas, qu’ils interviennent à un moment où l’opposition était proche du désespoir. Lundi, l’opposition s’est empressée de désavouer Hassan Rastouni, mais selon les alliés libanais du régime syrien, ce désaveu est un peu tardif.
En principe donc, le plan était parfait. Mais les problèmes ont commencé lorsqu’il est apparu que l’armée syrienne était bien préparée et avait déplacé discrètement une grande partie de ses forces et de ses munitions. Elle a donc réussi, toujours selon les alliés libanais du régime, à repousser les attaquants, tout en poursuivant son avancée dans la région de Qoussayr et en parvenant à étouffer toute tentative de soulèvement sunnite à Bayda près de Banias (qui est la ville natale de Abdel Halim Khaddam). En même temps, « les amis de la Syrie » évoqués par le secrétaire général du Hezbollah dans son dernier discours ont volé à son secours. L’Iran a donné le ton en multipliant les menaces à l’égard d’Israël, maintenant une sorte de flou pour être encore plus inquiétant, en se contentant de dire que « la résistance répondra ». Le commandement syrien s’est aussitôt réuni pour annoncer sa volonté de riposter. Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Moallem a contacté son homologue russe Serguei Lavrov, lequel a contacté son homologue américain John Kerry. Au fur et à mesure que les menaces se précisaient, les médias israéliens ont commencé à changer de ton. Citant d’anciens responsables militaires, ils ont commencé par rappeler que le Hezbollah dispose de quelques 60 000 missiles avant de préciser que 40 % des abris sont utilisables en Israël. Le chef de la municipalité de Haïfa a demandé de son côté le déplacement des usines pétrochimiques installées dans sa ville et le gouvernement israélien a interdit les vols civils dans la région du nord. Comme prévu, les États-Unis ont volé au secours des Israéliens et le président Obama a contacté son homologue russe lui demandant de recevoir John Kerry au cours de la visite de ce dernier à Moscou. Vladimir Poutine à son tour a contacté Benjamin Netanyahu pour lui enjoindre de ne plus entreprendre de telles agressions, moyennant son intervention auprès des Iraniens et des Syriens pour éviter une riposte qui ferait mal. La Syrie s’est alors contentée d’autoriser la résistance palestinienne à ouvrir le front du Golan et deux obus sont tombés l’un dans la partie occupée et l’autre en Israël sans faire de dégâts. Quelques heures plus tard, le ministre iranien des Affaires étrangères s’est rendu en Jordanie.
Il est ainsi clair que « le coup de pouce » israélien à l’opposition, concerté ou non, s’est retourné contre lui et qu’il a fallu une intervention américaine et russe directe pour stopper l’escalade. Quelque part, cela signifie que lorsque le président syrien déclare que le conflit syrien peut provoquer un embrasement généralisé, il avait raison, mais aussi que les grandes puissances ne veulent pas d’un guerre totale… Affaires à suivre.

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