Palestine-18

Solidarité avec le peuple palestinien

17 mars, 2014

Deux articles du quotidien isaélien HAARETZ à lire

Classé dans : A - Informations générales — palestine18 @ 10:14

Dans les deux articles transmis ci-dessous, les journalistes attitrés d’HAARETZ Gideon Levy et Amira Hass analysent  un exemple récent de « l’armée la plus morale du monde » en action.

L’armée la plus morale du monde

1-Les Forces de Défense d’Israël  pensent que la force brutale  est la seule façon d’agir, les Israéliens refusent encore de voir ce qu’Amnesty International et d’autres leur disent.

De Gideon Levy  2 mars 2014

L’armée la plus morale du monde a tiré un missile anti-char sur une maison dans laquelle se cachait un jeune Palestinien recherché. L’armée la plus morale du monde a fait passer un bulldozer sur le haut de la maison et l’a détruite.

  

L’armée la plus morale du monde a utilisé des chiens pour fouiller les ruines. L’armée la plus morale du monde a utilisé une perceuse qu’elle appelle une « cocotte-minute » -une perceuse plutôt dégoûtante qu’elle a inventée pour son propre usage.

C’est arrivé jeudi dernier (le 27 février), à Bir Zeit en Cisjordanie. Les soldats de l’armée la plus morale du monde sont arrivés tôt le matin pour une autre « opération d’arrestation », comme d’autres qui ont lieu chaque nuit et dont vous entendez rarement parler.

Elle consiste à semer la peur dans les villages au milieu de la nuit, en envahissant à grand bruit des maisons dont les habitants –parmi lesquels des enfants- sont en train de dormir , avec des fouilles brutales et des destructions. Parfois, comme jeudi dernier, cela se termine aussi par la mort.

Tout ceci se produit à un moment où les opérations terroristes sont très limitées. 

Parfois ces opérations sont menées pour une véritable nécessité opérationnelle, mais parfois aussi comme un entraînement de routine pour maintenir la réactivité des soldats et comme une démonstration de pouvoir tout-puissant en direction des habitants.

Les Forces de Défense d’Israël ont aussi pour tout cela créé un nom qui vous fait chaud au cœur : l’«Instrument de Dislocation » – se déchaînant contre une communauté de civils dans l’intention de provoquer la panique et la crainte et d’en  disloquer la vie- comme cela a été expliqué une fois devant un tribunal militaire par l’organisation de défense des droits de l’homme Yesh Din (= Il y a une loi).

A Bir Zeit, c’était pour trois jeunes hommes qui étaient membres du Front Populaire de Libération de la Palestine, une organisation qui n’est pas particulièrement active.

Et même si les correspondants militaires se sont précipités pour dire, selon leur habitude, que les FDI déclaraient que « les trois avaient l’intention de mener une attaque terroriste à brève échéance » -oui, l’armée la plus morale du monde est aussi une armée qui devine les intentions- il est douteux qu’ils aient mérité la mort.  

Mais les FDI, prétendant qu’il avait un fusil, ont tué Muataz Washaha, qui refusait de se rendre – un assassinat dans la  troisième veille, sans une bombe à retardement, et Israël accepte aussi  cette histoire avec ennui. 

C’est ainsi que l’armée la plus morale du monde agit et qu’elle croit qu’elle doit agir. Il n’y a pas d’autre moyen d’arrêter un jeune homme que de le tuer avec un missile anti-char et de détruire la maison de sa famille.

Le hasard a voulu, que, exactement le même jour, une opinion professionnelle ait été publiée sur la vraie moralité des FDI : Amnesty International a publié un rapport, intitulé « Gâchette facile », dans lequel il a constaté que les soldats des FDI font preuve d’un mépris flagrant pour la vie humaine, s’exprimant par l’assassinat de dizaines de citoyens palestiniens , y compris des enfants. L’organisation constate qu’il s’agit d’un meurtre intentionnel qui est même probablement un crime de guerre.

Bien sûr, ceci n’a pas réussi à détruire la croyance enthousiaste des Israéliens en la moralité de leur armée. « Allez en Syrie » rétorquent-ils fréquemment.  

Le ministre des Affaires étrangères et les FDI ont expliqué qu’Amnesty International souffre « d’un manque complet de compréhension des enjeux opérationnels ».  

Et en vérité, que comprend Amnesty ? A la fin de la semaine dernière, le régime militaire qui gouverne le Myanmar (Birmanie) a mis un terme aux activités de l’association Médecins Sans Frontières, pour des raisons semblables. S’il le pouvait, Israël arrêterait aussi le travail d’Amnesty et de semblables groupes.

  

Mais un citoyen responsable n’a pas besoin d’Amnesty International pour savoir. Il y a deux jours seulement les FDI ont tué une femme à la frontière de Gaza, à Khan Younès, après avoir mis en œuvre contre elle un autre protocole –« le Protocole d’Eloignement ». Le meurtre de manifestants près de la clôture qui étrangle la Bande de Gaza relève du train-train habituel –qu’y a-t-il à rapporter ? C’est comme les tirs sur les pêcheurs.

En Cisjordanie aussi, des manifestants, des lanceurs de pierres, des enfants et des jeunes sont tués par des tirs.

  

C’est ainsi que l’enfant Wajih Al-Ramahi a été abattu à Jalazun, il y a environ deux mois. Il y a deux semaines, B’Tselem –le Centre Israélien d’Information sur les Droits de l’Homme dans les Territoires Occupés a publié ses conclusions d’autopsie : Ramahi a été atteint dans le dos par un tir, d’une distance de 200 mètres.

Cela a aussi été le sort du jeune Samir Awad de Budros, et de dizaines d’autres personnes tuées, qui ne menaçaient la vie de quiconque et qui ont été visées mortellement par quelqu’un à la gâchette facile et mourant de façon effrayante sans raison.

Personne n’est passé en jugement pour ces actes meurtriers. Dans le cas d’Awad, qui a été atteint dans le dos lors d’un guet-apens, un dossier a été constitué sur sa mort, que le procureur militaire a laissé se couvrir de poussière pendant plus d’un an.

  

Et tout ceci de la part de l’armée la plus morale du monde. Essayez seulement de contester cela. Essayez seulement d’affirmer que les FDI sont la seconde armée la plus morale du monde –disons, après l’armée du Luxembourg..

http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.577295

2-Le meurtre gratuit d’un militant palestinien par des soldats israéliens : était-il passible de mort ?

Une unité d’élite a abattu un militant palestinien en lui tirant dessus à bout portant des dizaines de fois. Il avait reçu une citation à comparaître et avait négligé de se présenter. Quelle devait être la peine?

DeAmira Hass  3 mars 2014

Si la consigne était d’augmenter la pression, la prise de contrôle du village de Bir Zeit jeudi dernier par l’unité Yamam de contre-terrorisme et la brigade d’infanterie Nahal a sûrement été un pas dans la bonne direction. Les forces israéliennes ont tué Muataz Washaha, un militant de 24 ans du Front Populaire de Libération de la Palestine. Ses funérailles vendredi ont été bouillantes, de la lave bouillonnante, cherchant à jaillir d’une crevasse.

Si la consigne était d’embarrasser les dirigeants de l’Autorité Palestinienne et d’augmenter l’hostilité à leur égard, l’attaque –par 200 soldats, un officier du nom d’Alon des services de sécurité du Shin Bet, de dizaines de jeeps et deux bulldozers- a été incroyablement couronné de succès.

Les responsables de haut rang de l’AP ont eu la sagesse d’éviter les funérailles de masse, où le service de sécurité palestinien a poussé les cris de : « assez des traîtres », « assez des négociations », « assez de la coopération sécuritaire ». C’étaient quelques-uns des slogans les plus polis.

  

Les participants au cortège funéraire ont demandé : « où étaient les services de sécurité palestiniens quand l’ennemi a envahi notre village et a tué Washaha?» et «Combien de temps pour que les dirigeants palestiniens fassent des excuses pour leurs gains matériels personnels en échange de la préservation du statu quo ? »  

Si le génie anonyme à l’origine de l’attaque voulait prouver  que les Palestiniens –Musulmans et Chrétiens, religieux et laïcs- constituent tous un seul peuple sous la botte israélienne, il a réussi. La famille Washaha est une des six familles originelles de Bir Zeit. C’est l’une des deux familles fondatrices musulmanes ; les quatre autres sont chrétiennes.

  

Lors du cortège funéraire, qui est passé près des mosquées et des églises, il n’y avait pas moyen de dire qui était qui. Le cimetière où a été enterré Washaha  est proche du centre de la vieille ville. La vieille maison de pierre de sa famille se situe là, preuve des racines profondes et de l’attachement naturel à cet endroit. 

Si le brillant stratège à l’origine de l’opération avait l’intention de détruire, en cinq heures, les économies de la vie d’une famille de travailleurs palestiniens, accumulées au cours de 30 ou 40 ans, il devrait être redevable d’une approbation particulière. Quand le centre de l’ancien village est devenu surpeuplé, les familles, y compris les Washaha, ont construit des maisons sur leurs terres entourant le village. 

La roquette anti-char de faible calibre, tirée par les héroïques soldats israéliens, a touché l’appartement de Tha’er Washaha , le frère de Muataz. Elle a tout détruit à l’intérieur. L’appartement était à un étage ajouté récemment à la petite maison que la famille a construite, il y a plusieurs décennies.

Un bulldozer de l’armée a abattu les murs que la roquette n’avait pas réussi à détruire. En allant vers la maison, le bulldozer a déraciné un arbre. Un second bulldozer a avancé vers la petite maison voisine où les parents des frères habitaient avec leurs autres enfants.   

Protégé par de courageux soldats en armes, le bulldozer a pour la gloire de l’Etat d’Israël détruit les murs, alors que la famille était en train de regarder. Les nouveaux piliers de construction sur le toit montrent que Muataz Washaha était fiancé et avait commencé à construire sa demeure au-dessus de l’appartement de ses parents. Puis nos courageux soldats ont tiré des grenades sur la maison, qui l’ont incendiée et remplie de fumée.  

Si nos excellents garçons voulaient prouver que les médias israéliens sont loyaux et dociles, ils peuvent aussi pointer cela sur une de leurs listes. Les porte-parole militaires ont décrit un « individu recherché qui s’était barricadé lui-même à l’intérieur », donc nous avons pensé qu’il avait construit une forteresse et s’était ceint d’explosifs.

Ceci est très inexact. Tha’er Washaha a déclaré à Haaretz qu’il avait imploré Alon, l’officier du Shin Bet qui avait arrêté Tha’er pour militantisme dans le passé, de pouvoir rentrer pour convaincre son frère de sortir. Alon a refusé. Leur mère a raconté aux journalistes qu’elle avait aussi demandé à Alon de pouvoir parler à son fils que cela lui avait été refusé.

« Les soldats sont entrés dans le bâtiment par la force et ont trouvé son corps » -cela était la ligne dictée par le Bureau du Porte-Parole des FDI. C’est un mensonge. Quand l’appartement a été incendié, des pompiers palestiniens se sont approchés de la maison, défiant les soldats qui ont essayé de leur bloquer le passage. Deux pompiers ont éteint les flammes  de l’extérieur. Puis ils sont entrés, tandis que nos fusils étaient pointés sur eux –pour éteindre les flammes qu’ils ne pouvaient atteindre de l’extérieur.

Selon les pompiers, les soldats ont menacé de les abattre s’ils sortaient à trois au lieu de deux. Dans la maison, les pompiers ont trouvé Washaha sain de corps et d’esprit. Il leur a dit qu’il n’avait pas l’intention de quitter la maison quoi qu’il arrive.

Les pompiers sont partis et les soldats de Yamam sont entrés, habillés en noir, le visage masqué. Le quartier résonnait du bruit des tirs venant de l’intérieur de la maison. 

Quand les hommes de Yamam, de Nahal et du Shin Bet se sont retirés, les membres de la famille se sont précipités dans la maison. L’unité d’élite de la police avait tiré des dizaines de fois à bout portant sur Washaha si l’on en juge par les fragments de cervelle qui jonchaient la pièce, sans mentionner les jambes, les bras et les doigts presque sectionnés du corps.

Il avait reçu du Shin Bet une citation à comparaître et avait négligé » de se présenter. un grave crime passible de mort ? Peut-être l’officier enquêteur avait-il été offensé ? Washaha avait préparé une attaque terroriste, déclarent les Israéliens. Selon le manuel de bonne conduite des médias israéliens, tout ce que disent les sources des services de sécurité israéliens est vrai.

Selon le code de loi non-officiel israélien, des « intentions terroristes » non prouvées suffisent pour être passible de mort. En hébreu, « attaque terroriste » est une phrase magique qui exempte les Israéliens d’avoir à se demander pourquoi une arrestation demande autant de soldats et de sonneries de trompette et se termine par une fin si meurtrière.

  

http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/.premium-1.577477

(traduit de l’anglais par Y. Jardin)

50 jeunes Israéliens envoient une lettre à Netanyahu: “Nous refusons de servir dans l’armée d’occupation”

8 mars 2014 Hier matin, des dizaines de jeunes Israéliens ont envoyé au Premier Ministre, Benyamin Netanyahu, une lettre dans laquelle ils ont déclaré leur refus de servir dans l’armée israélienne. C’est le groupe le plus important dans l’histoire d’Israël de personnes refusant la conscription ; c’est la première action de ce genre en cinq ans, mais elle succède à une longue tradition d’objection de conscience collective. Le gouvernement israélien actuel essaie d’élargir la conscription à tous les groupes ethniques en Israël contre leur volonté et des jeunes gens de tout le pays réagissent en refusant de servir dans l’armée israélienne. Le but de cette déclaration est de protester contre l’occupation des territoires palestiniens qui se poursuit et où, selon les signataires, “les droits de l’homme sont bafoués et des actes, définis par le droit international comme des crimes de guerre, sont perpétrés de façon quotidienne”. Ils protestent aussi contre la façon dont l’armée influence la vie civile, accentuant le sexisme, le militarisme, la violence, les inégalités et le racisme présents dans la société israélienne. Mandy Cartner, signataire de 16 ans, de Tel Aviv, a déclaré: “Les actions de l’armée nous éloignent de la recherche d’une solution et de l’établissement de la paix, de la justice et de la sécurité. Mon refus est une manière d’exprimer mon opposition aux forfaits perpétrés quotidiennement en notre nom et malgré nous”. Shaked Harari, un signataire âgé de 17 ans, de Bat Yam, a déclaré:”L’armée est au service des gens au pouvoir et non des civils, qui ne sont qu’un outil. Mes amis et moi refusons d’être de la chair à canon”. Roni Lax, un signataire âgé de 20 ans, de Bnei Brak: “Nous sommes solidaires des jeunes ultra-orthodoxes et des jeunes arabes – chrétiens et druzes, dont certains sont actuellement dans une prison militaire”. Contact pour information: Dafna Rothstein Landman – 00 522470123 –dafna.e.r.l@gmail.com Itamar Bellaiche – 00 547484248 –itzbellaiche@gmail.com Voici ci-après leur déclaration: “Nous, citoyens de l’Etat d’Israël, sommes appelés au service militaire. Nous appelons les lecteurs de cette lettre à laisser de côté tout ce qu’ils ont toujours tenu pour allant de soi et à reconsidérer les implications du service militaire. Nous, soussignés, avons l’intention de refuser de servir dans l’armée et la principale raison de ce refus est notre opposition à l’occupation militaire des territoires palestiniens. Les Palestiniens des territoires occupés vivent sous l’autorité israélienne bien qu’ils n’aient jamais choisi de le faire et n’ont aucun recours légal pour influencer ce régime ou ses méthodes de prise de décision. Ce n’est ni égalitaire, ni juste. Dans ces territoires, les droits de l’homme sont bafoués et des actes définis selon le droit international comme des crimes de guerre sont perpétrés de façon quotidienne. Ceux-ci comprennent des assassinats (exécutions extra-judiciaires), la construction de colonies sur des terres occupées, des détentions administratives, des tortures, des punitions collectives et une répartition inégale de ressources comme l’électricité et l’eau. Toute forme de service militaire consolide le statu quo et, en conséquence, en accord avec notre conscience, nous ne pouvons prendre part à un système qui perpétue les actes mentionnés ci-dessus. Le problème en ce qui concerne l’armée ne commence ou ne finit pas pas par les dommages qu’elle inflige à la société palestinienne. Elle pénètre aussi la vie quotidienne dans la société israélienne: il façonne le système éducatif, le marché du travail, tandis qu’il alimente le racisme, la violence et les discriminations fondées sur l’ethnie, la nation ou le sexe. Nous refusons d’aider le système militaire en promouvant et en perpétuant la domination masculine. A notre avis, l’armée encourage un idéal masculin violent et militariste, selon lequel “la force est le droit”. Cet idéal est nuisible pour tous et particulièrement pour ceux qui ne s’y adaptent pas. De plus, nous nous opposons aux structures de pouvoir oppressives, discriminatoires et fortement marquées par le sexe dans l’armée elle-même. Nous refusons de faire de l’abandon de nos principes une condition pour être accepté dans notre société. Nous avons profondément réfléchi sur notre refus et nous restons fidèles à notre décision. Nous appelons nos pareils, ceux qui actuellement servent dans l’armée et/ou qui sont réservistes, et le grand public israélien en général, à reconsidérer leur position sur l’occupation, sur l’armée et sur le rôle des militaires dans la société civile. Nous croyons au pouvoir et à la capacité des civils à changer la réalité en vue du meilleur en créant une société plus belle et plus juste. Notre refus exprime cette conviction. Pour plus de détails:  Dafna Rothstein Landman – 00 522470123 – dafna.e.r.l@gmail.com (traduit de l’anglais par Y. Jardin)

Laisser un commentaire

 

Les interventions musicales... |
Plateau Mont Valerien |
AFG Association des Femmes ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le Moulin des Savoirs
| huntington
| LIGUE PANAFRICAINE DU CONGO...